Le grand Monsieur qui a sauvé RENAULT et NISSAN


Par Bruno Pineau-Valencienne.

Franco Canadien, Bruno Pineau-Valencienne, MBA est Consultant Senior  »Corporate Governance » au sein d’un cabinet américain de Service Conseil en matière de Gouvernance d’entreprise à Toronto

Au fil des jours, la persécution judiciaire dont fait l’objet Carlos Ghosn ressemble de plus en plus à une opération de diffamation illimitée qui a transformé le tribunal de Tokyo en tribunal spécial pour réduire au silence le pensionnaire VIP de la prison de Kosuge et le détruire. Ses avocats évoquent même sans détour des actes de torture légale commis sous couvert d’une autorité officielle et qui s’apparentent plutôt à une exécution »extrajudiciaire » à petit feu.
D’ailleurs, ces pratiques rappellent étrangement les sévices infligés aux soldats français dans les prisons vietnamiennes où les conditions d’incarcération étaient véritablement désespérantes et aboutissaient le plus souvent à l’anéantissement total des individus.
Derrière cette affaire Ghosn, la thèse du complot industriel ne fait donc plus aucun doute.
Les rebelles de Nissan, animés par un nationalisme industriel aveugle et fanatique, « veulent faire dérailler toute possibilité d’une combinaison complète de Nissan et de Renault…
Ces derniers craignant avant tout que leur compagnie japonaise ne tombe sous contrôle français » comme le rappelle Maître Jean-Yves Le Borgne.
Se sachant lui même sur la corde raide, Hiroto Saikawa a donc choisi le terrain pénal comme angle d’attaque, en allant avec son clan chercher des prétextes pour alimenter une éventuelle accusation, dans le seul but de neutraliser le super patron franco-libanais brésilien, trahi de l’intérieur.
M Carlos Ghosn

GHOSN : LE PATRON HAÏ ?

Au-delà de cette machination, Carlos Ghosn n’aurait t-il pas été victime de son propre succès ? Le monde surmédiatisé dans lequel nous vivons n’épargne pas non plus les grands patrons qui peuvent parfois se laisser griser par le pouvoir en jouant la personnalisation à l’extrême de ces êtres abstraits et abscons que sont les entreprises.
Il en découle corrélativement une concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme avec le risque pour le dirigeant de se retrouver seul sur tous les fronts. Plus il s’expose et plus il finit par encaisser tous les coups.
Ainsi, lorsque survient une affaire présumée de détournements de fonds, la responsabilité du grand patron aussi mythique que Carlos Ghosn est de facto engagée.
Cependant, dans la réalité de l’exercice du pouvoir le patron n’est jamais vraiment seul, ce qui nous amène à nous interroger sur le degré de responsabilité des parties prenantes internes et externes au sein de Renault-Nissan, ces fameux contre-pouvoirs.
De ce fait, quel rôle aurait pu jouer le conseil d’administration dans cette affaire entre 2009 et 2019 ?
Aurait-il failli à ses obligations par copinage en fermant les yeux sur certaines pratiques douteuses ? Plausible…
Mais ce scénario reste peu probable car de plus en plus les conseils d’administration des entreprises, qu’elles soient cotées en bourse, sociétés d’État, universités ou autres organismes publics, sont maintenant constitués d’une majorité de membres indépendants dont les acteurs jouent leur crédibilité, se gardant bien de cautionner des actes délictueux.
De nos jours le plus grand risque est réputationnel. Rappelons qu’en matière de décision, le conseil d’administration a entre autres la lourde responsabilité d’examiner et d’approuver les états financiers sur recommandation du comité de vérification, la politique de divulgation de l’information financière, mais également toute proposition d’amélioration portant sur l’efficacité des systèmes de contrôle interne, etc.
En somme, de nos jours, les membres d’un conseil d’administration ne sont pas là pour l’apparat. Ils doivent jouer un véritable rôle de chien de garde et rendre des comptes.
C Ghosn

LA RESPONSABILITÉ ÉCRASANTE… DES RESPONSABLES

Que dire aussi des actionnaires institutionnels et privés alors que le devoir fiduciaire de ces investisseurs dans l’exercice des votes qu’ils détiennent, lors des assemblées générales ne cessent de se renforcer depuis 2009 ?
Avec la règle dite du say on pay, leur influence s’est accrue considérablement, ces derniers ayant directement leur mot à dire sur les politiques de rémunération des dirigeants de l’entreprise.
Si les actionnaires avaient eu le moindre doute sur la gestion de Carlos Ghosn pourquoi ne se sont-ils pas manifestés plus tôt ?
De surcroît, il est en effet curieux de constater que l’État français, actionnaire à hauteur de 15 % dans le capital de Renault, ne découvre que maintenant un présumé pot aux roses dans les comptes du constructeur automobile français comme le laisse sous-entendre benoîtement notre ministre des Finances, Bruno Le Maire.
Enfin, l’ensemble des grands groupes du CAC 40 dispose d’un système d’audit interne très rigoureux qui les prémunit en principe contre tout transfert financier jugé douteux. Une demande de virement effectuée hors système, au sein d’une entreprise comme Renault, et pour des montants aussi importants, aurait été rapidement détectée.
L’existence de ces instruments de contrôle laisse donc à penser que Bercy se porte finalement garant du comportement éthique de l’entreprise et de ses dirigeants, sans parler des cabinets d’audit dont la mission principale consiste à effectuer les examens des résultats financiers visant à émettre une opinion sur la régularité et la sincérité des comptes annuels dans le but de rassurer les actionnaires sur la qualité de l’information financière de l’entreprise.
La démarche de contrôle répond toujours rigoureusement à une exigence légale visant à garantir la fiabilité et la transparence de l’information financière présentée.
À la lumière de tous ces éléments, il apparaît évident que si des détournements de fonds étaient avérés le soldat Ghosn ne tomberait pas seul, entraînant dans sa chute les acteurs impliqués dans cette saga franco-japonaise, sommés par la justice de s’expliquer sur ces accusations prétendument frauduleuses.
L’État français n’y échapperait pas non plus, ainsi que, ironie du sort, les pires ennemis de Carlos Ghosn, lesquels ne devraient pas se réjouir trop vite…
Dans ce brouhaha infernal, le silence assourdissant de nos hommes et femmes politiques devient indécent alors que la France ne compte déjà pas beaucoup de grands patrons de cette qualité, un bâtisseur hors normes, pourvoyeur de milliers d’emplois, symbole de la réussite française et de la méritocratie, lequel pouvait être un recours éventuel en l’absence d’une offre politique crédible dans un paysage électorale ressemblant davantage à un champ de ruines.
Qu’attendent donc les pouvoirs publics pour agir en exigeant haut et fort la tenue d’un procès juste et équitable sur le sol français, compte tenu de la part prépondérante de l’État dans le capital de Renault ?
Dans une situation semblable imagineriez-vous un Donald Trump restant les bras croisés, laissant un Tim Cook se faire torturer dans un centre pénitentiaire étranger et d’une manière aussi humiliante ? Certainement pas !
Le bouillonnant président américain aurait sans doute annoncé le rappel immédiat de son ambassadeur pour consultation ; ce que devrait faire Emmanuel Macron, qui n’a pourtant pas hésité à rappeler sur-le-champ notre ambassadeur en Italie pour des faits beaucoup moins incriminants sans comparaison avec le kidnapping légal auquel se sont livrées les autorités japonaises.
M Ghosn
Jusqu’à preuve du contraire, l’ex-patron de Renault reste présumé innocent alors même que les droits de la défense sont ouvertement bafoués dans ce procès inique et qu’une certaine presse aux pratiques contestables a déjà rendu son jugement jetant en pâture à l’opinion publique le coupable idéal.
Les masques finiront par tomber et notre champion, nous l’espérons, n’en sortira que plus fort tout auréolé d’une victoire par ippon !
En attendant, confronté à cette terrible solitude, puisse l’ancien élève du Collège Notre-Dame de Jamhour de Beyrouth s’inspirer de l’apôtre Saint Paul lui aussi emprisonné dans l’attente de son jugement et qui déclara : « j’ai appris à être heureux en toutes circonstances que je sois dans l’abondance ou que je sois dans la disette. »
Par Bruno Pineau-Valencienne.

 

Liban (14): Beyrouth


 

Liban (14): Beyrouth.

CHARLES MALEK


charles_malek

Charles Habib Malek
Naissance 1906
Bterram (Liban)
Décès 28 décembre 1987
(à 81 ans)
Beyrouth
Nationalité Liban Liban
Profession(s) philosophie et politique
Autres activités Président de l’Assemblée générale des Nations unies (1958–1959)
Formation Université Harvard

Diplomate, politicien,philosophe, visionnaire

Charles Habib Malek (* 1906, † 1987) (arabe : شارل مالك) était un diplomate, homme politique et universitaire libanais. Il a occupé plusieurs fonctions au sein de l’Organisation des Nations unies et a joué un rôle important au sein de la politique libanaise. Il est un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Biographie

Charles Malek est né en 1906 à Bterram, un village situé dans le district du Koura, au nord du Liban. Ses parents, Dr. Habib Malek et Zarifa Karam, étaient des chrétiens orthodoxes. Il est mort le 28 décembre 1987 à Beyrouth, suite à une intervention chirurgicale.

Formation

Il est élève de l’École missionnaire américaine pour garçons de Tripoli, puis de l’Université américaine de Beyrouth, dont il obtient un diplôme en mathématiques et physique. En 1929, il quitte le Liban pour se rendre au Caire, en Égypte, où il développe un goût pour la philosophie. Cette appétence le mène à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, où il suit l’enseignement de Martin Heidegger, de 1932 à 1933. Mais l’avènement du nazisme l’insupporte et le pousse à quitter l’Allemagne pour l’Université Harvard aux États-Unis. C’est là qu’il suit les cours d’Alfred North Whitehead. En 1937, il obtient son PhD, toujours à Harvard, s’inspirant des métaphysiques de ses deux maîtres, Heidegger et Whitehead.

Carrière universitaire

Une fois diplômé, Charles Malek enseigne à Harvard ainsi que dans d’autres universités américaines. Il retourne au Liban avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, où il intègre l’Université américaine de Beyrouth. Il y est le fondateur du département de philosophie et du département d’anthropologie culturelle.
Néanmoins en 1945, la fin de la Seconde Guerre mondiale le place sur le devant de la scène politique internationale, qu’il ne quitte pas jusqu’en 1960. Durant cette période, il marque une pause dans sa carrière universitaire.
En 1960, fort de son expérience politique, il reprend ses enseignements. Il enseigne alors à l’American University à Washington, au Dartmouth College dans le New Hampshire, à l’Université de Notre Dame dans l’Indiana, à l’Université de Waterloo au Canada en tant que Pascal Lecturer en 1981. Son dernier poste officiel est à l’Université Catholique d’Amérique à Washington, où il officie comme Jacques Maritain Distinguished Professor of Moral and Political Philosophy (Professeur distingué Jacques Maritain de philosophie morale et politique) de 1981 à 1983. Bien que ses fonctions de professeur l’appellent principalement en Amérique du Nord, il conserve sa chaire de philosophie à l’Université américaine de Beyrouth de 1962 à 1976. Il a reçu au moins 50 diplômes honorifiques d’établissements d’enseignement supérieur des États-Unis, du Canada et d’Europe [1].

Engagements politiques

À l’Organisation des Nations unies

En 1945, il est choisi pour être l’ambassadeur libanais aux États-Unis et à l’Organisation des Nations unies. Il représente le Liban à la Conférence de San Francisco de 1945, fondatrice de l’Organisation des Nations Unies. En 1946 et 1947, il sert comme rapporteur pour la Commission pour les droits de l’homme des Nations unies, pour ensuite devenir président du Conseil économique et social des Nations unies. En 1947, il participe à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme aux côtés de la présidente siégeante de la Commission pour les droits de l’homme des Nations unies, la déléguée américaine à l’Assemblée générale des Nations unies, Eleanor Roosevelt. Son rôle dans la rédaction du texte est reconnu comme prépondérant, et on le désigne comme la « force motrice » dans l’arrangement du texte[2]. « Nous avons eu la chance d’avoir Charles Malek comme président », a écrit dans ses mémoires John Humphrey, directeur de la division des droits de l’homme au Secrétariat des Nations unies. Il connaissait bien l’histoire législative de ce document »[1]. En 1952, il succède à Eleanor Roosevelt au siège de l’Assemblée générale des Nations unies.Il exprime librement ses idées lors des débats en critiquant régulièrement l’Union Soviétique. Il reste ambassadeur aux États-Unis et à l’ONU jusqu’en 1955. Après une pause de trois ans, il revient présider la treizième session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Au Liban

Parallèlement à ses activités à l’ONU, Malek est nommé au gouvernement libanais. Il est Ministre de l’Éducation Nationale en 1956 et 1957, et Ministre des Affaires Étrangères de 1956 à 1958. Tout en étant Ministre, il est élu à l’Assemblée Nationale du Liban en 1957, où il reste trois années. Le déclenchement de la Guerre Civile Libanaise, qui dura de 1975 à 1990, pousse Malek à fonder le Front pour la Liberté et l’Homme au Liban, afin de défendre la cause chrétienne. Il est renommé plus tard Front Libanais. Au sein du front, Malek est le seul chrétien orthodoxe parmi des maronites, et vraisemblablement la tête pensante du parti. Les membres du Front comptaient des personnalités de la droite chrétienne, comme Pierre Gemayel, le fondateur des Phalanges libanaises, et Camille Chamoun, ancien Président de la République libanaise de 1952 à 1958 et dirigeant du Parti national libéral (Liban).

Charles Malek

 

Activités religieuses

Malek officie aussi sur la question religieuse, tentant de briser les lignes confessionnelles entre chrétiens orthodoxes, catholiques et protestants. Il est l’auteur de nombreuses exégèses de la Bible et de commentaires des écrits des Pères de l’Église, et l’un des rares théologiens orthodoxes de son temps à être reconnu dans les cercles évangéliques. Il est cité par des dirigeants évangéliques comme Bill Bright. De 1966 à 1972, il est vice-président de la Société biblique, et de 1967 à 1971, il est président du Conseil mondial pour l’éducation chrétienne.